PUBLICATION

2003

Exils et territoires : le cinéma d’Amos Gitai

Auteurs : Serge Toubiana, Baptiste Piégay

Édition : Arte Éditions / Cahiers du cinéma, Paris, 2003 – ISBN 2866422252 – 200 pages

Langue : Français

Le succès de Kadosh en 1999 a permis au public français de découvrir Amos Gitai. Depuis
ses débuts en 1980, la critique a toujours été attentive à l’œuvre de ce cinéaste, et les médias
ont largement contribué à sa reconnaissance, tant il incarne à lui seul le cinéma israélien.
Depuis Kadosh, Gitai enchaîne film sur film à un rythme soutenu : Kippour en 2000 (film autobiographique évoquant sa propre expérience de soldat), Eden en 2001 (adaptation d’une nouvelle d’Arthur Miller), puis Kedma en 2002 (sur les émigrants européens rescapés de la Shoah en 1948), et Alila en 2003 (sur la vie quotidienne à Tel-Aviv aujourd’hui).
Le parcours d’Amos Gitai n’a rien d’une trajectoire rectiligne ou prévisible. Dès ses premiers documentaires (House en 1980, et Journal de campagne en 1982), de sérieux démêlés avec la censure le contraignent à quitter Israël. Ses années d’exil, d’abord à Paris, lui offrent la possibilité d’expérimenter, de voyager, de poser son regard sur le monde : l’Amérique, l’Asie, l’Europe.
Mais le cinéaste ressent profondément que c’est en Israël qu'il doit avant tout filmer. Au milieu
des années 90, il entame sa Trilogie des villes : Devarim tourné à Tel-Aviv (1995), Yom Yom à Haifa (1998) et Kadosh à Jérusalem (1999). Ce livre est pour moitié constitué d’entretiens avec Amos Gitai. On y découvre la trajectoire biographique et artistique d’un cinéaste qui alterne fictions et documentaires. L’autre partie est un essai de Serge Toubiana, aidé de Baptiste Piégay, qui fournit au lecteur quelques pistes pour l’analyse d’une œuvre déjà riche d’une cinquantaine de films. Chacun des films d’Amos Gitai pose la question de l’identité juive, du terrritoire, de l’imaginaire mythologique à partir des Textes fondamentaux, la Bible en premier lieu, mais aussi de la réalité politique et géographique du Moyen-Orient. Ces questions, d’une actualité brûlante, Amos Gitai les aborde avec une liberté d’esprit et un courage qui ne se dément pas.

Serge Toubiana est directeur de la Cinémathèque française. Il a été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma de 1981 à 2000. Baptiste Piégay est critique aux Cahiers du cinéma.
 

Table des matières

Introduction
 

I. Entretien avec Amos Gitai
Les années de formation
House, un film interdit
House et Wadi, vingt ans plus tard…
Journal de campagne : vers l’affrontement
Un nouveau cycle documentaire
Fictions d’exil
Itinérances
Israël-Palestine
La trilogie des villes
À propos de l’assassinat d’Yitzhak Rabin: L’Arène du meurtre
Le cinéma israélien : une utopie ?
Ma guerre de Kippour
À propos de Eden
À propos de Kedma

 

II. Territoires documentaire
Filmer un microcosme (House)
Filmer l’occupation (Journal de campagne)
La trilogie de Wadi (Wadi ; Wadi, dix ans après ; Wadi Grand Canyon)
Voyages en Amérique (In Search of Identity ; American Mythologies)
Voyages en Asie : contre la mondialisation (Ananas ; Bangkok-Bahrein)
Filmer la musique (Brand New Day) (Baptiste Piégay)
Deux films contre l’extrême-droite en Europe (Dans la vallée de la Wupper ; In the Name of the Duce)
L’assassinat d’Yitzhak Rabin (L’Arène du meurtre)
Les traces de la guerre (Kippour, souvenirs de guerre) (Baptiste Piégay)
Le cinéma, un art du dialogue (Guerre et paix à Vesoul)
L’image, pour creuser la mémoire (Une maison à Jérusalem)

 

III. Fiction d’exil
La trilogie de l’exil (Esther ; Berlin-Jérusalem ; Golem, l’esprit de l’exil) (Baptiste Piégay)
La trilogie des villes (Devarim ; Yom Yom ; Kadosh)
Vue sur la guerre (Kippour) (Baptiste Piégay)
Défaite d’une utopie (Eden) (Baptiste Piégay)
La question du territoire (Kedma)
La comédie humaine (Alila)